Voir Java… et mourir… ‏par Guillaume

Hello a tous,

L’aventure continue, la bas, au bout du monde…

Notre periple se poursuit a Djodjakarta (dire « Djodja » ca fait plus chic). Difficile evidemment de trouver un hotel sympa ET avec des chambres dispo en debarquant a 8 heures du soir… nous acceptons le premier bouiboui pour reposer nos carcasses moulues. Le lendemain nous trouvons un petit hotel de bungalows entourant une petite piscine dans un jardin tropical et luxuriant, deja plus a notre gout. Le programme est serre : dans la journee decouverte de la ville dans des petits velos menes par de robustes cyclistes, le soir spectacle de danse Javanaise par le celebre ballet du Prayanaja sur fond illumine du temple de Prambanan, cadre sublime mais spectacle un peu long pour nos europeennes oreilles…

Le lendemain, depart 8h tapantes pour successivement temple de Borobudur, volcan Merapi, et temple de Prambanan de jour… en voiture Simone ! Bilan : le Borobudur vaut le deplacement (mais ca vaut pas les temples d’Angkor), le Merapi est « sorry today the Merapi is on the fog… », quant au Prambanan, il vaut quand meme le detour egalement…
Nous quittons Djodja le lendemain pour continuer a progresser vers l’est et Bali. La premiere etape nous amene au pied des volcans Bromo et Semeru ; une journee de transport dans un petit van entre les mains d’un chauffeur fou, ou plus simplement d’un Javanais… ici le permis s’obtient apres 3 heures de conduite et la somme necessaire et suffisante. Nous perdons deux heures pour que notre chauffeur fasse en sorte que la jeune fille qui vient de s’ecraser sur le coffre arriere soit correctement prise en main a l’hopital… Enfin a la nuit et apres un denivele de pres de 3000m, nous arrivons dans ce qui ressemble furieusement a un petit village Mongol, oubli du temps, et de la moindre innovation technologique des 200 dernieres annees… Dans un froid polaire, nous degustons une soupe claire dans une arriere cuisine sordide, avant de nous endormir, serres les uns contre les autres, enroules dans des couvertures douteuses et plus fines qu’un drap de soie. La douche glaciale que nous prenons a 3h du matin avant l’ascension du volcan nous ayant parfaitement reveilles, nous sommes parmis les premiers sur le site apres une heure de 4X4 pour assister a l’incroyable spectacle du lever du jour sur ces deux volcans… les photos vaudront tous les discours…
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La journee se poursuit avec l’ascension du 2eme volcan (le Bromo) avec la traversee du cratere et les 758 marches qui menent au bord du gouffre dont se degage une epaisse fumee. Isa et JP nous epatent d’une impressionnante demonstration d’equitation (et de negociation) pendant que nous mangeons la poussiere qu’ils soulevent allegrement. Depart dans la foulee (on est deja bien nazes…) direction le Kala Ijhen…
Huit heures d’un van bringuebalant dans une jungle inexploree a la piste defoncee, et nous debarquons le soir dans une etrange oasis au milieu d’improbables plantations de cafe… un hotel digne d’Agatha Christie, au charne desuet de l’ancienne colonie… une piscine d’eau chaude des eaux du volcan (35 degres !) et un massage improvise par un de nos chauffeurs… il ne nous en fallait pas plus pour etre prets a accepter de nous entasser pele mele a nouveau tous les 4 dans une unique chambre defraichie, sans meme un lavabo… et on a meme pas marchande ! Au reveil (a 4H… la ca commence un peu a tirer…) depart pour notre aventure la plus marquante… l’ascension du Kawa Ijhen, une des plus importantes mine de souffre de plein air connue.
Ici, rien d’industriel, c’est l’homme pour ainsi dire nu qui recolte le precieux produit. Et il le fait a la main, parfois pieds nus, escalade les 1000m de denivele portant sur son dos d’improbables paniers de bambous tresses contenant jusqu’a 90 kg de souffre. Le spectacle a tous les niveaux est plus qu’impressionnant ; que ce soit le paysage grandiose, lunaire, ces hommes incroyables par leur force et leur determination, et enfin les conditions extremes, le nuage de souffre omnipresent, les chutes de pierres frequentes, la rudesse du chemin et son a-pic…
Coince dans le nuage sulfureux au moment de notre remontee, Fred et moi manquons serieusement de rester sur le carreau… C’est un moment que nous ne sommes pas pres d’oublier… la encore, les photos vaudront le deplacement…
Remis de nos emotions, nous reembarquons, direction le bout de la cote Est, vers le ferry, vers Bali…

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